Causeur, Causette, même combat

A un mois du projet de loi de Maude Olivier, tout le monde a un avis sur la prostitution.  Ca parle de sexe et ça parle d’argent donc ça parle à la foule.  Alors on destitue les pauvres chasseurs-cueilleurs de l’exercice du plus vieux métier du monde, on se perd entre les représentations érotisées d’une Zahia  en femme d’affaires fatale et de l’idée qu’on se fait des prostituées à la chaîne de la Jonquera. Les nuances, ce sera pour un autre jour.

Le débat est déjà houleux entre abolitionnistes et règlementaristes de la prostitution ; houleux est dans ce cas un synonyme d’agressif, violent, émotionnel. Et voilà que Causeur et Causette s’invitent dans le débat tendu sans y être conviés ; comme des cousins reniés s’invitent à un repas de famille. Ils mettent les pieds dans le plat et couvrent de leurs voix tonitruantes les paroles des attablés, des prostituées et des survivantes de la prostitution. On appelle ça la silenciation. Approchons-nous de ce dîner à couteaux tirés.

repas discorde

Antigones : piège à connes

Comme tous les ados mal dans leur peau et autres jeunes filles en fleurs (fanées), j’ai admiré Antigone. J’ai aimé Antigone. Et j’ai été Antigone. Aussi originale qu’une paire de Converse, je me retrouvais dans cette soif d’absolu, dans ce physique malingre et noiraud.  Aujourd’hui adulte, je pense encore à Antigone ; même si je la mets de côté, parfois, dans le placard où je consigne soigneusement mes idéaux les plus ardents.  « J’ai retourné ma veste le jour où je me suis aperçu qu’elle était doublée de vison » disait Gainsbourg. Mais on en parlera un autre jour. Pour me sortir de ma torpeur, il fallait frapper fort, comme par exemple, s’accaparer mon héroïne pour en faire le blason d’une brochette de volailles.

Madame Oiselle ?

(De l’ambivalence problématique de la dénomination féminine)

En ce moment, un débat sur la case mademoiselle divise les femmes ; du moins, celles qui en ont entendu parler. Tout est parti d’une campagne lancée conjointement par Osez le féminisme et les chiennes de garde.

Peine de mort : pendant ce temps-là, au Figaro…

Ayant quinze minutes pour partager ces perles avec vous, je n’ai pas le temps d’aligner les poncifs sur les raisons qui me poussent à être contre la peine de mort. Je me contente uniquement de relayer les commentaires effrayants trouvés dans… lefigaro.fr. Pour changer.

Non elle n’était pas imposée, c’était une proposition-phare de Mitterrand avant les élections, élu démocratiquement.

Zemmour : tu l’as bien mérité !

Le tribunal correctionnel de Paris a jugé le chroniqueur Eric Zemmour coupable de provocation à la discrimination raciale en proférant à la télévision des propos controversés sur «les Noirs et les Arabes».  Vendredi 18 Février 2011, il a ainsi été condamné à 2000€ d’amende avec sursis et à verser 1000€ à chaque partie civile. Sachant que le procureur n’a pas requis de peine précise contre lui, cette condamnation rentre dans le cadre de la peine de principe, et de ce fait, est tout sauf un verdict cruel. Une condamnation ni lourde ni légère : Tant mieux, dirons-nous.