Archives pour juillet, 2008

La belle saison : l’incitation à lire con

Dès que les bureaux sont désertés et les plages bondées, l’industrie de la presse et de la littérature considèrent ipso facto que les lecteurs ont laissé leur cerveau et leur bon goût au vestiaire au profit d’un maillot de bain échancré. Et qu’au sortir de l’été, refleuriront les idées dans les crânes. D’où le concept aberrant de la rentrée littéraire. Il existerait donc des saisons neuronales, en somme, et l’été en serait la creuse.

Vote gauche ou la déchéance de Jack Lang

Le Parti Socialiste français a un défaut majeur : ses dirigeants. Au lieu de s’occuper avec intelligence d’un bon programme pour les français, ils préfèrent s’affairer à de puérils tirages de couettes et de barbichettes qui décrédibilisent le parti, ou du moins ce qu’il en reste. Un tirage dans les pattes qui engendre un handicap pédestre de taille. Et si ce talon d’Achille devait avoir une surface épidermique qui expliquerait grandement sa fragilité, un maudit centimètre carré qui provoquerait inévitablement la destruction, nul doute que ce serait Jack Lang, la girouette notoire.

Une girouette qui tourne au fil des vents et des ans. Car les années passent, et Jack Lang s’affaisse. Les étés s’ensuivent sans que la canicule ne le fauche avec même temps que les blés. Il résiste et se débat. Dommage – pour lui. Il aurait pu être le regretté ministre de Mitterrand, au lieu du regrettable cuistre à la botte de tous les présidents.

Inégalités sur Facebook

Les statuts sur Facebook s’appliquent visiblement à tout le monde. Des libéraux aux relations compliqués, en passant par les traditionnels célibataires, tout le monde peut afficher l’état de sa vie sentimentale et le nom des (mal)heureux concernés.

Les administrateurs ont pensé à tout, même à ceux qui préfèrent éviter de se prononcer. Facebook, c’est magique.

Liberté d’expression : Siné qua non

En dépit de la propagande actuelle qui prétend que l’objectivité est une qualité essentielle de l’homme, la neutralité n’est pas. Seule l’indifférence existe. Mais à l’heure où l’humanité prône l’aseptisation plénière, pareil aveu relève de l’opprobre et de l’infamie. Les gens portent des masques, mentent, feignent. Il est tellement plus aisé de changer de visage au fil des contextes que d’assumer ses positions, tellement plus confortable… et si honteusement pleutre. Reconnaître sa subjectivité systématique découle d’une lucidité sur soi, et conduit donc à admettre la nécessite ponctuelle d’un effort de non engagement quand le contexte s’y prête. L’enjeu du « je » intelligent est de reconnaître ses erreurs antérieures si la réflexion a imposé un revirement, et de rester cohérent si la conviction est inchangée. Dans le milieu des médias, certains essaient de ne pas assumer leurs penchants et préfèrent jouer la girouette hypocrite. Et se ridiculisent lamentablement.

 

Le dévot des laïques

Le mauvais livre de Nicolas SarkozyNotre époque porte incontestablement le sceau de l’exhibitionnisme, fardeau atavique transmis par une ancienne limitation des libertés. À la manière de quelques pubères qui font durer interminablement leur crise adolescente et qui invoquent l’inhibition antérieure de leurs émotions au moindre reproche, l’individu moderne se plaît à faire étalage de tout et de n’importe quoi, de l’important et du futile, du personnel et du public ; en somme, de ce qui est bon à savoir comme de ce qui ne l’est pas. Et cet exhibitionnisme est rentré dans les mœurs, ne vous en déplaise. En atteste la popularité des skyblogs, où la pudeur est plus honnie que la bonne orthographe – c’est dire. Ou encore, la personne même du président de la République française. Sarkozy, dans une impulsion intimiste, a estimé nécessaire de créer une complicité entre le peuple français et lui. D’où un déballage consciencieux de se vie privée et de ses amours. Mais ne ressassons point ce qui est parfaitement su, et revenons au très-in exhibitionnisme.