Imposture littéraire I : Vous (fai) revoir
Qu’est-ce qui sonne plus creux que la tête d’un fan de tuning ? Qu’est-ce qui est plus plat qu’une crêpe, ou pis, plus plat que le commentaire footballistique d’un supporter du PSG ? Aussi crédible qu’un altermondialiste en Converse ?
Un roman de Marc Lévy », bien sûr.

Marc Lévy est à la littérature ce que le bouddhisme est à l’esprit critique. Ses œuvres sont les touchants avortons d’une simulation ratée de création et son succès n’a d’égal que le mauvais goût des péronnelles écervelées qui lui servent de lectrices. L’acmé du ridicule et l’acné du talent. C’est ainsi, et uniquement ainsi, qu’il est possible d’évoquer avec une criarde lucidité la risible existence littéraire d’un piètre écrivain.
Ses trames relèvent du consensuel propre aux mauvais best-sellers. Une platitude qui trahit une peur morbide du renouveau. Toutefois, reconnaissons-lui avec mansuétude le courage de ses idées. Quitte à être nul, autant l’être doublement. En effet, Marc Lévy est l’un des rares auteurs à oser se plagier lui-même. Toute personne suffisamment masochiste pour lire « Et si c’était vrai » puis » vous revoir », attestera de la véracité de cette accusation. Je ne suis pas crapuleuse.
Marc Lévy, de son vrai nom Marc Lévy, est né en 1961 dans la région parisienne. Une preuve irréfutable de l’hostilité de ce coin, qui, en créant simultanément des raclures agressives et des insultes à la littérature, s’impose dans l’industrie des plaies sociales. Ce n’est qu’en 2000, où, vieux de 39 ans, âge où l’on est supposé être expérimenté et donc séparé de l’imagination limitée et au style puceau propres à l’inculture adolescente, que le pré-quarantenaire publie son premier livre. À l’aune de quoi il n’est point diffamatoire, mais réaliste, de clamer que le 21ème siècle sera immanquablement l’ère noire de la littérature française. Ainsi, c’est en mauvais auspice de la bibliographie lévéenne (et par extension, du deuxième millénaire) que « Et si c’était vrai… » voit le jour, couronné d’un prix Goya et Barrière. Des récompenses douteuses. Un pacte avec la bouse qui a marqué de l’apocalypse culturelle et l’arrêt de mort du bon goût général. C’est l’histoire d’un architecte que le fantôme d’une greluche poursuit. Evidemment, son rationalisme ne l’invite pas logiquement à consulter. Au contraire, il cherche à connaître l’histoire d’une femme dont il n’aurait eu cure si elle était laide comme un pou et/ou grosse comme Magali de la Star Ac’.
En 2003, « où es-tu ? » illustre le poids des promesses surnaturelles, à la sauce R.L.Stine* tandis que la consécration du public scatophile vient avec «sept jours pour une éternité » une mythologie bancale supposée amusant. Comique ? Non, monsieur Lévy, ce livre n’est pas drôle. Ce livre est ridicule. Une maladroite parodie du bien et du mal, illustrant à merveille la profondeur abyssale que peut atteindre l’humour français, déjà grandement démontrée par Bigard.
En 2004, paraît « La prochaine fois … et on voudrait qu’il n’y en ait pas, de prochaine fois. Un couple au fil de réincarnations pathétiquement mises en scène. Du fantastique, façon déguisement de chez Lidl. Et du niais, façon Lévy.
« Vous revoir » détruit avec maladresse le peu d’intérêt qu’avait suscité la première partie, mais s’emploie à la copier avec un manque de talent affligeant. Et rebelote dans la crotte !
« Mes amis, mes amours » exploite stupidement les difficultés quotidiennes de colocataires déjà pères avec des réflexions attestant de la philosophie de café la plus évidée : « J’ai longtemps cherché le sens de mon existence » ou « la vie n’offre jamais une seconde chance de faire bonne impression ». Des vieux cons qui ne gèrent pas leur manque d’affection féminine.
Quant aux enfants de la liberté, le titre dit tout. Soporifique et bien volubile quand il s’agit de débiter honteusement des clichés sur les immigrés juifs. Souriez, vous êtes clichetés.
Un huitième est sorti, mais que l’on excuse la défaillance d’une patience pourtant tenace. Même le masochisme le plus dévoué s’essouffle. De même, que l’on pardonne à une mémoire d’éléphant ses oublis, quand il est questions de prénoms. Tout cerveau est sélectif, et rechigne à se rappeler de noms de personnages fades comme les acteurs des soap-operas.
Toujours est-il que la question qui commence à naître avec la conclusion du dernier opus trouve réponse dès le second, ou le troisième. Grande seigneurie oblige.
Et si c’était vrai … que Marc Lévy est une caricature de ce que l’édition peut publier de pire ?
.* : La collection Chair de Poule, Boudiou !





Moom, si tu montes une série entière d’articles dédiés aux scribouillards bouseux, tu peux être fière: ton blog ne manquera JAMAIS d’articles \o/
T’en feras un sur Eric-Emmanuel Schmitt, dis, dis?
Ce qu’il peut me courir sur le haricot, celui-là, avec sa gueule difforme d’albinos semi-obèse, et puis les conneries qu’il raconte, c’est d’une tartuferie proprement hallucinante.
Et Paulo Coelho?
Il date un peu lui, mais sa bouse intersidérale, « L’Alchimiste », est encore d’actualité…
On se demande, des fois, quand même…
Ca marche aussi avec les « chanteurs », les « réalisateurs » de films etc. Après tout, il faut bien un médiocrité de masse pour que le trucs bien puissent s’en démarquer facilement.
Je connais pas ce garçon mais j’adore ta critique.
Trouvé sur un autre blog :
« Marc Levy est comme certains bulots, il se cache au fond de sa coquille et ce n’est qu’après avoir échoué à le racler qu’on se décide à l’abandonner dans l’assiette. A contre-coeur, parce que ça reste un livre, c’est toujours à regret qu’on l’abandonne, fût-il mauvais. »
(http://www.au-poil.com/archive/2006/08/10/lire-marc-levy-oxymore.html)
Une critique bien rigolote aussi ^^
Tout ça n’est pas forcément faux cependant une quetion me taraude… Tu trouve plus que médiocre cet auteur mais tu as lu les 8 livres qu’il a écrit… Juste pour le plaisir de critiquer ? Pourquoi perdre son temps alors que tu pourrais lire de auteurs qui te conviennent mieux..
Anna : La curiosité. Je n’aime pas associer une seule œuvre à une personne.
Le personnage de M. Lévy me répugne et j’aurais trouvé dommage de ne me cantonner qu’à deux trois livres avant de décréter publiquement que cet homme devrait d’ores et déjà servir d’engrais pour aubergines.
Et puis, je critique un auteur adulé dans mon cercle d’amis [que je cherche à changer aussi, ah ah]. Chaque ami me disant à tour de rôle : « Non, lis-X au lieu d’Y » pour être contredit par un autre « Nan, Z c’est le plus mieux ».
Je cherche à savoir pourquoi Lévy plaît. Enfin, j’ai cherché un moment ; toute réflexion concernant son succès conduisant inévitablement à la misanthropie radicale.
Voilà. C’est une perte de temps, oui, mais mon temps ne me paraît pas si précieux. J’en fais ce que je veux, sans réellement trouver ça condamnable.
—
Bonjour
Le misérable passant que je suis ose une humble critique sur votre note :
Au début, j’ai pensé à de l’ironie, puis j’ai vu que non : vous croyez vraiment que tout est nul, les auteurs, les lieux, les jeunes, les vieux, le monde, l’univers…
Dans votre « portrait » d’une grande humilité, vous dites ne pas contempler votre nombril, hein ? Moi je dis : vous contemplez le monde AVEC VOTRE NOMBRIL…
Vous avez le droit de venir jouer la critique sur mon blog ; il est vraiment indiqué pour les gens comme vous qui aiment se rafraichir les idées…
—
—
Grande bouche pour diffamer, mais pas courageuse pour répondre aux critiques, hein ???
C’est plus facile de cliquer sur « supprimer » que de répondre, Miss « Jesuislameilleure » ???
Tout ça mériterait une note sur mon blog trash (ça ferait augmenter votre audience)… je me tâte…
—
Martino,
Je trouve très pédant de mettre un monsieur devant son propre pseudo, mais passons.
Donc. Non, je n’estime pas que tout est mauvais : j’ai des coups de coeur, mais le but de ce blog est de dire ce que je n’aime pas. On ne disserte pas sur l’amour, qui est indicible, tant par son intensité que par ses mécanismes ; mais on définit le mépris grâce à ses tenants et ses aboutissants. Je ne fais que partager ce qui me semble indigne du genre humain, que j’ai tendance à idéaliser.
Avant de vous exciter sur votre clavier sur une éventuelle censure couarde, dites-vous que tout commentaire est soumis à modération a priori. Donc, je dois être sur Internet, consulter une adresse mail spécifique
avant de publier votre commentaire où vous ne faites, techniquement, que vanter votre Blog.
Je vais relever quelques passages de vos commentaires. D’une, je ne calomnie rien et invente encore moins. Parler de diffamation est déplacé.
De deux, je suis égocentrique, comme tout être humain, mais j’ai le mérite de l’avouer. Et ce Blog me permet, a posteriori, de me prendre moi-même comme objet d’étude.
De trois, je n’estime pas que je suis la meilleure, mais je pense que l’humain vaut mieux que ce qu’il crée. Si aimer l’espèce humaine me rend narcissique (ce qui est indirectement et de manière tordue est le cas) : je le clame.
De quatre, je suis absolument insensible à mon audience quantitative et ne fais pas dans l’amour immodéré et mercantile des stats, ne vous en déplaise.
Sur ce, j’ai des cartons qui m’attendent, « Monsieur ».