Bravo, Monoprix
Monoprix a dévoilé publiquement sa volonté de devenir une pièce maîtresse dans l’investissement du moment, l’un des rares domaines épargnés par la crise, voire en plein essor : l’abrutissement de la jeunesse. Cette même jeunesse est pourtant déjà insultée par la médiocrité des émissions actuelles : Dora l’exploratrice ou pire, les Teletubbies. Mais si la valeur n’attend pas l’âge, les insultes non plus. Lâcheté et couardise, donc : Monoprix achève un adversaire déjà à terre.
Car le désintérêt pour la culture existe. Que ce regrettable résultat soit le fruit de vieilles stratégies mercantiles relativement subtiles, on en convient. Amèrement. Mais qu’une chaîne de grande distribution, passée experte dans la production des salades les plus infectes et les jus de fruits les plus infâmes, invite de manière éhontée la jeune génération à troquer sa soif d’apprendre contre la satiété superficielle est proprement scandaleux.
Oui. L’initiative est blâmable, et la façon encore plus. Grossière, en somme. Aux antipodes de la subtilité et de la discrétion. À l’affiche, une jeune demoiselle, âgée tout au plus de dix printemps, joliment habillée et coiffée d’un bonnet d’âne. Nul doute, que dans la course au mauvais goût, Monoprix Mode tentera de l’imposer comme l’accessoire indispensable à toute garde robe branchée.
Le symbole est frappant. Mais il s’agit pour Monoprix de vouloir non seulement rendre les gens plus cons, mais de les traiter d’ores et déjà comme tels. Aussi, un slogan inutile, explicite et puant accompagne la photo : « Plus top model qu’élève modèle ». De quoi vomir sa salade. Et surtout, de quoi influencer les petites têtes blondes. Et brunes, cosmopolitisme oblige. Une génération qui, gageons 100€, se dirigera massivement vers les CAP coiffure et esthétique.
À voir la mauvaise alimentation vendue et les nouveaux canons sociaux plébiscités, Monoprix préconise une jeunesse mal nourrie et conne. Des clones de Cindy Sanders, en somme.
Tremblez.
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Ceci est une méthode de lavage de cerveau, primitive mais et efficace.

Ça aussi.






Si les publicitaires réfléchissaient parfois, ça se saurait.
Enfin, ils doivent souvent jongler avec les demandes complètement iréelles de certains de leurs clients, et ce n’est pas tous les jours facile.
Cette publicité est en tout cas totalement con.