L’anticonformisme a la cote
Tout le monde accable la société de consommation. Elle a, dit-on, instauré la loi du paraître et continue, la vilaine, d’imposer des canons de beauté inaccessibles. Elle a plongé des générations dans la dépression et le malheur en pervertissant jusqu’à la moelle de nobles valeurs désormais vétustes. Anorexie, dépression… Des tares propres à notre ère. Sans conteste, nous tenons là la tête de turc de la société. La société de consommation est le bouc émissaire. Il ne s’agit pas pour l’individu de remettre en question ses propres facultés d’analyse, son approche du monde mais plutôt d’incomber à une entité inconnue tous les malheurs du monde. La société de consommation est le coupable idéal, pour donner à ses frustrations un exutoire. Les tentacules de la société de consommation sont tellement nombreux que la société de consommation est indivisible. Et critiquer la généralité, sans risque de confrontation directe, c’est encore ce que l’individu sait faire de mieux.
Fuck authority, fuck beauty, fuck consommation, fuck money. Yeah !
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Aussi, des personnes s’autoproclament anticonformistes. Pour peu qu’elles aient un regard plaintivement bourgeois sur quelques maladies du siècle, elles se déclarent immunisées. Contre la connerie, contre le conditionnement social, contre le mal-être. Elles ont un regard critique qui les protège de toute entourloupe, et l’illusion s’arrête miraculeusement avant d’arriver chez eux. Encore, cette auto-proclamation aurait un fond un tant soit peu vrai, ou concret, enfin, un fond qui ne relève pas des fantasmes imaginaires d’une poignée de philosophes de café, on aurait pardonné à ces zouaves de se mettre en avant. Hélas ! En général, cette réflexion émane de quelque glorieux illuminé ou autre allumé pour qui l’anticonformisme relève de l’alter-mondialisme en converse. Si critiquer ce que l’on est en l’assumant est admirable, le faire sans en avoir conscience est en tous points ce que l’illusion peut produire de plus dévastateur.
Revenons-en à nos moutons ; et l’expression prend toute son ampleur.
L’anticonformisme devient un prétexte à l’anti-esthétisme. La laideur est le porte-drapeau d’un mauvais goût doublé de paresse. La beauté serait subjective, et dans l’œil de celui qui la regarde ; autant de prétextes pour ne plus reconnaître aux choses leur laideur ou leur beauté. Foutaises.
[Qui veut que je soliloque sur le beau Kantien, et l’inexistence du goût, qui veut qui veut ?]
Les roots sont anticonformistes. Et in. N’en déplaise aux amateurs de l’hygiène corporelle, des cheveux doux et des vêtements bien coupés.
Humpf.
[Article méchant à venir sur le gras]





Oui, mais ils sont sacrément moches, quand même… !
Je ne te le fais pas dire.
:/
Mais alors, c’est anticonformiste de ne pas être anticonformiste ? dans ce cas nous sommes tous anticonformistes, surtout les conformistes et les anti-anticonformistes… nan ?
C’est un peu comme la tolérance, mais en plus vendeur.