Obasceptiques : entre casse-pieds et brise-rêves

 

À chaque mode, ses détracteurs. Et l’Obamania n’échappe pas à la règle. Aux  républicains que je n’hésiterais pas à qualifier de sombres idiots réactionnaires, se greffe une nouvelle espèce d’observateurs psychorigides et blasés : les Obasceptiques. Ce courant monolithe est loin d’être historique : l’apparition d’insatisfaits chroniques accompagne généralement tout soulèvement populaire. Et dans un mépris caractéristique des bobos les plus imbus de leur propre vide, l’assimilation est systématique dans l’esprit de ces messieurs: la masse est crasse. Sans appel.

À l’origine, l’élection récente d’un homme. Il est clair qu’à voir l’engouement  populaire, l’on pourrait croire en le sacre d’un Dieu. Mais non. C’est un homme, un seul. Un charismatique orateur s’il en est, mais un homme. Un homme qui incarne l’espoir, le changement, l’évolution. Une bouffée d’air frais dans un monde pollué. Sale. Encrassé par la poussière, la merde et le sang. Un homme qui  fait se lever les foules ; une Star de la politique est née.

Au final, ce n’est pas tant l’homme qui crée la controverse, mais plutôt sa popularité qui suscite la bile à la file. Attention, il n’est pas question des Obamodérés, ces êtres somme toute raisonnables qui se refusent à une liesse irréfléchie. Non, mais de ces individus qui crachent sur Barack Obama car c’est anticonformiste. Fun. De ces individus prêts à dénigrer l’espoir par hypocondrie distinctive. De ces individus qui renoncent à leur humanité pour leur fierté de coq. De ces individus qui piétinent l’unité pour flatter leur vanité.

Pardi ! C’est l’espoir insufflé  qui peut changer le monde, pas l’homme.  Ce n’est pas tant le nouveau président qui est épatant mais sa capacité à rassembler.  

Pourtant, être enthousiaste, être ému non pas par l’homme mais par cette humanité unie que l’on croyait morte et enterrée n’implique pas un certain manque de lucidité. Obama est un homme, avec la sensibilité et l’imperfection de rigueur. Obama est également américain, avec les limitations culturelles que cela impose. (Port d’arme et compagnie). Mais de là à partir défaitiste, à ajouter un complément au mot homme, à savoir le dénaturant adjectif « politique », c’est tout simplement écœurant.

Néanmoins, s’il est quelque chose de plus écoeurant, c’est l’omniprésence de la qualification chromatique d’Obama. Obama, avant d’être le quarante-quatrième président des États –Unis, serait le premier chef d’état américain NOIR. (Je vous envoie d’ailleurs au billet de Lou, bien bon même si je ne suis pas d’accord avec tout). Sa couleur de peau est au centre du débat. D’abord, les doutes concernant le lien concernant son résultat et sa couleur de peau.  « Obama ne gagnera jamais parce qu’il est noir ». Le scepticisme concernant l’implication de sa propre  pigmentation cutanée dans  sa future présidence. En somme : «  Obama sera-t-il le président de l’Amérique Noire seulement ?». Et enfin, Obama a-t-il gagné parce qu’il est noir, parce que les « racistes qui s’ignorent » voulaient s’acheter une conscience ?

Or, que l’on parle de sa couleur de peau ou de ses origines, Obama n’est pas noir. Il n’est pas noir de peau, il est basané et je ne vois quelle importance cette question peut revêtir. Parlait-on avant les primaires démocrates de la blondeur de madame Clinton. Quitte à chercher des polémiques aussi bancales, en effet, pourquoi ne pas disserter sur les cheveux trop clairs d’Hillary, plus caractéristiques d’une pop star écervelée que d’une  femme de loi selon l’humour gras. Quant à ses origines, Obama est métis ce qui signifie qu’il n’est pas plus noir que blanc, et vice-versa.

Dans l’optique de vous éviter des logorrhées  indigestes et d’obéir à ma paresse olympique, je vais être brève. Peu importe qu’Obama soit noir. C’est un créateur de rêves. Un homme intelligent et charismatique. Et diablement beau.

Laissez-nous rêver d’un monde meilleur.

Sur ces  mots assurément groupie-hippie, je clos le seul article positif de ce blog.

 


Commentaires

  1. B. dit :

    De ces individus qui piétinent l’unité pour flatter leur vanité.

    Avoue que tu pensais à moi en écrivant ça ^^

  2. Moom dit :

    Non !
    Quoique … ! C’est possible. Je pense à toi tout le temps.

  3. Tchit dit :

    Que c’est mignon cet article, c’est tout plein d’amour ^^

    A quand un article contre Obama ? Ca serait bien que tu l’écrives avant que l’actualité ne fasse son travail de destruction et que les gens ne se rendent compte que finalement Obama n’est « qu’un homme ».

  4. Hicham dit :

    En lisant le titre, je me suis dit c’est bon, ça va être une descente aux enfers pour ce bon Obama.
    En parcourant le texte, je commence à me poser des questions … C’est moi ou Moom est entrain de faire un article constructif ??
    En finissant le texte, « Sur ces mots assurément groupie-hippie, je clos le seul article positif de ce blog. » je me dit qu’elle a quand même toute sa tête et qu’elle est bien consciente …

  5. Mr.Tom dit :

    « Obama est également américain, avec les limitations culturelles que cela impose. (Port d’arme et compagnie) »
    Mmmh. Quitte à faire enfler une polémique, mais sans pour autant défendre le droit au port d’arme à feu, il y-a une raison fort peu « culturelle » et très très très politique à l’existence de cet amendement dans la constitution américaine. Et c’est issu de la philosophie des lumières. « Un peuple sans armes est un peuple soumis », « Les peuples ne devraient pas craindre leur gouvernement, c’est le gouvernement qui devrait craindre le peuple  » Thomas Jefferson. Et du franc-maçon de la grande époque, Lincoln et tout le tralala. C’est une logique de Jacquerie, subversive, chère à ceux qui foutaient le camp d’Europe encore sous la botte de divers rois et impériaux aux petits pieds.
    Maintenant, que les temps aient changés, on va pas le nier. Que la plupart des rednecks décérébrés de la NRA soient de dangereux rétrogrades bas-du-front aussi réactionnaires que moutonniers, c’est un fait. Néanmoins, c’est peut-être aussi grâce à cet idéal en filigrane que les U.S. ont une culture du « renversement » et du fameux « et pluribus unum », qui fait qu’ils porteront au pouvoir un Obama, là où notre propre système (comme les gens qui l’ont intégré) s’efforceraient de le crapouiller comme un vilain bouton dans le marbre d’une Marianne trop polie pour être vive.
    Quoi qu’il en soit, le sens des législations sur les armes à feu aux état unis va vers une régulation de plus en plus contraignante plutôt que vers une dérégulation tous azimuts.
    Un Zeitgeist, quoi.

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