[Proche-Orient] : Le bien et le mal n’existent pas

 

NSAE.COMLorsque l’on parle du Proche-Orient, les cœurs s’échauffent, les âmes s’insurgent et les esprits se confondent. Alors les échauffés spamment, les insurgés manifestent et les confus s’expriment. D’où un unilatéralisme navrant, omniprésent dans un côté comme dans l’autre, frisant la caricature et dépassant le communautarisme. Après la rue, c’est la Toile qui se fait défenderesse de la justice arbitraire et qui devient la tribune d’esprits bien intentionnés, certes, mais qui ne se remettent jamais en question. Après les philosophes de café et les piliers de bar PMU, ce sont les endoctrineurs de Facebook qui comprendraient tout à tout. Seulement eux. Ce n’est pourtant que leur vanité ou leur empressement doucereusement amène qui leur donne l’illusion d’être les élus de la connaissance et les prophètes de la politique ; à défaut du contraire. Quand ils croient voir clair en le conflit inextricable du Proche-Orient, ils font sciemment ou non preuve d’un manichéisme sommaire, mais hélas systématique dès que l’on s’attelle à la tâche de traiter de la politique proche-orientale sans parti pris « sentimental ». Malheureusement, faire preuve de neutralité revient à devenir la brebis galeuse de son propre camp. Renoncer à ses partis pris sentimentaux en vue d’analyser aussi objectivement que possible implique un statut de sombre judas, de traître à son sang ou à ses idées.

Un arabe accable le Hamas ? Vendu ! Faiblard ! Un israélien critique son gouvernement ? Pro-arabe! Abruti ! Un socialiste modère ses idées ? Connard de droite !

N’en déplaise aux communautaristes de tous bords et aux obtus qui croient que l’origine conditionne la pensée, le Hamas peut être dénoncé par des gens qui devraient spontanément voir en lui le héros du monde arabe et le héraut de la justice. Car le Hamas n’est pas parfait, et il n’est pas utile d’être de mauvaise fois pour s’en rendre compte, ou pire, pour l’exprimer. S’il symbolise tant bien que mal la résistance et l’honneur, il n’en reste pas moins qu’il est à l’origine de la récente et sanglante bataille qui a coûté la vie à des centaines de palestiniens. Le Hamas agit tel un impopulaire collégien puceau, qui souhaite faire le grand. Un boutonneux peu populaire, qui pour se faire remarquer, ne trouve rien de mieux à faire que tripoter une voisine récalcitrante championne de boxe. De caresses insistantes en gestes déplacés, le lourd laideron écope de gifles et de coups de pied. La réaction de la donzelle est excessive, certes, mais proportionnelle à sa patience inactive passée. Reste que cet insupportable abruti, non content de s’être attiré les foudres de sa voisine, met hâtivement des lunettes pour apitoyer les observateurs ; à défaut de bénéficier de la compassion de l’aveugle enragée. Ces lunettes n’ont rien demandé à personne. Le Hamas a exagéré ses offensives, s’est vu devant une défense démesurée et a choisi de dresser les victimes civiles qui, à l’image des lunettes, n’ont rien demandé à personne en tant que bouclier à attaques, filet à compassion. Et ces civils, Bon Dieu, sont morts. Le Hamas, au centre d’un tourbillon d’impopularité, jaloux du Hezbollah, a agi de manière idiote, cruelle et lâche. Pour redorer son blason, il n’a pas hésité à sacrifier des civils, qui, mus dans leur soif d’indépendance, arrosent le sol de leur sang. Oui, le Hamas est terroriste et grandement responsable. Penser canonner impunément le sud d’un pays qu’on déclare  ostentatoirement vouloir rayer de la carte est par ailleurs d’une stupidité sans pareille.

De l’autre côté, Israël. Réaction disproportionnée et calculée longtemps à l’avance. En vue d’éviter un nouvel échec, comme celui face au Hezbollah, Israël a été stratège. Tactique efficace, mais meurtrière. Stratégie qui a grandement atteint le Hamas, mais qui n’a  nullement tenu compte des civils palestiniens. Comment, dans ces conditions, qualifier cette stratégie ? Efficace mais inhumaine, elle ne saurait être bonne. Sans tomber dans un idéalisme juvénile, un outil de guerre ne l’est jamais [bon]. De même, il est des dérives impardonnables qui doivent être sanctionnées. Rien ne justifie des tirs sur des écoles, des écoles de l’ONU qui plus est ! De même qu’il s’agit  de condamner les constructions sur les enclaves palestiniennes et les blocus punissent quasi-exclusivement la population civile.

Les cadavres s’amoncellent, et la religion est indubitablement au centre de ce combat. Des croyances respectives qui somment aux camps de s’entretuer, chacune clamant que la terre souhaitée est Due, promise par un Dieu que les deux camps vénèrent. Reste à espérer qu’une prise de conscience, pacifique et laïque, opérera dans les esprits, et que la Palestine trouvera son Ghandi, un interlocuteur ni idiot ni belliqueux, qui entamera des négociations de paix qui ne relèvent pas de la mascarade médiatique et qui se basera sur les points communs des deux populations pour fonder un échange égalitaire. L’existence des deux états est impérative, et permettra au fur et à mesure l’établissement de la paix au Proche-Orient.  

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« Nous sommes tous gaza » ? Telle est la traduction littérale de cet avatar qui a fait son chemin et qui a insulté tous ceux qui le regardaient passer sans le suivre. De ceux qui n’adressaient pas des prières larmoyantes à Dieu. De ceux qui « étaient trop cool ou égoïstes pour afficher leur soutien à Gaza». Je ne suis ni trop cool ni égoïste, mais je ne suis pas Gaza pour autant, je suis moi. Et c’est assez difficile à gérer, merci. Un  condensé de clics ponctuels n’est pas suffisant pour s’acheter une conscience, ni le droit de faire la morale avec. À bon entendeur, salut.

 

 


Commentaires

  1. Monsieur Mystère dit :

    J’aime beaucoup ce billet, mais il faudra m’expliquer en quoi le Hamas est analogue au collégien impopulaire. N’avait-il pas le soutien d’une majorité de Palestiniens jusqu’à tout récemment, et même encore aujourd’hui ? Sans compter le crédit que des ignorants lui donnent de par le monde !
    Enfin, quand l’objectif d’un parti qu’on a élu, un parti pouvant être vu comme légitime, est la destruction de l’État israélien, comment peut-on décemment prétendre à la paix, ou même demander à Israël de se montrer plus conciliant ? Et avec la très imminente élection de Tzipi Livni, il est difficile d’espérer mieux lorsque les positions se radicalisent dans les deux camps !

  2. toutadixballes dit :

    Bouclier humain ou pas, bombarder un territoire aussi dense que gaza ne pouvait qu’engendrer des pertes civiles exacerbées .

    Et l’excuse  » il y avait un terroriste caché donc on a detruit tout l’immeuble  » est une excuse de merde, ce sont des méthodes de bouchers . (²)

  3. Moom dit :

    M. Mystère > Et bien, contrairement à ce que prétend le Hamas et à ce qu’anônnent les médis, le taux de popularité du Hamas avant l’opération Plomb Durci était de 15,5%. Abbas et Fayed régularisaient la situation économique et aboutissaient à un meilleur climat sécuritaire. Le Hamas est donc populaire aurpès des pays arabes dont les habitants ne se font pas tirer comme des lapins à cause de lui. Il n’est qu’un symbole, de plus en plus honni en Palestine mais porté en héros dans le reste du monde. Pour retrouver un peu de légitimité, le Hamas a frappé. D’où l’analogie ^^.
    Sincèrement, je pense que le climat sera moins tendu lorsque le Hamas sera mis aux oubliettes. Je suis optimiste :’).

  4. Hicham dit :

    C’est qu’elle se met à parler politique la fille …
    Bon, ça m’arrive rarement, mais je dois plutôt dire que je rejoint la plus part de tes idées.
    Par contre, il faut arrêter de tout remettre à la religion. C’est pas plus la « terre promise » qui interesse Israel que la terre tout court …
    La religion a toujours été qu’une excuse, pas une cause.

  5. Mr.Tom dit :

    L’ennemi est fondamentalement con. Non, c’est vrai, il est persuadé que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui.
    Desproges me manque :(

  6. Ce qu’il manque le plus à notre humanité si peu humaine c’est de savoir écouter l’autre et d’admettre qu’il puisse penser autrement
    Mais l’homme est ainsi fait qu’il est toujours persuadé d’être le dépositaire exclusif de la vérité
    Une solution subsiste tout de même ! la musique, sans elle point de salut, avec elle moins de tourment
    Mais ce n’est que mon idée, donc forcément perfectible
    Musicalement votre

    Michel … amoureux de Bach et de bien d’autres

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