Pape et Cul
Peu de personnes peuvent aspirer au titre de connard absolu. Cette distinction fort enviée ne peut en effet être décernée à toutes les raclures en mal d’identité. Elle est l’apanage aux salauds influents dont les décisions malhonnêtes et imbéciles ont des répercussions sur des millions de personnes. À l’inverse de la légion d’honneur, la décoration de connard absolu se mérite. Et bien que souvent réservée à des simplets à col blanc, elle ne constitue pas une sinécure : enlaidir le monde plus qu’il ne l’est déjà est un sacerdoce vicieux, un sacrifice de tous les instants.
On ne récompensera désormais que peu les prestations des politiciens, toutes dévouées soient-elles, à ruiner à grande échelle. Après des prédécesseurs tels que Bush et Berlusconi, il s’agit pour le titre de connard absolu de trouver des candidats à la hauteur et de devenir l’ultime preuve d’une connasserie incontestable et résolument irresponsable. Aussi, avec un bel enchaînement d’âneries irresponsables, le nom du Connard de l’année est déjà su en Mars. Il a su user de l’influence que lui conféraient ses nombreux titres pour vaincre haut la main la brochette d’enflures que la crise nous a portant servi sur un plateau d’argent : il est vicaire du Christ, successeur de saint Pierre, archevêque et métropolitain de la province de Rome et de l’Etat du Vatican, souverain patriarche de l’Occident et primat d’Italie. Benoit XVI.

On ne peut pas accuser Benoit XVI de malhonnêteté ; ce n’est pas ce qui lui vaut son titre. Il a eu la gentillesse de permettre la médiatisation de sa pontificale figure bien que son faciès seul introduise la sottise de l’homme d’église qu’il était et la perversion du souverain d’église qu’il serait. En revanche, on peut soliloquer sur sa stupidité désormais proverbiale, pardon, sur son absence d’intelligence caractérisée par un sens des responsabilités avoisinant celui d’une cuiller. Ainsi, Benoît le bien surnommé, a-t-il eu des propos désormais légendaires sur le préservatif. En droite de ligne de l’étroitesse d’Eglise que « le serviteur des serviteurs de Dieu » se doit d’avoir, il a estimé que le préservatif n’arrangeait pas le problème du Sida. Sûrement en opposition aux prières et à l’abstinence. En bon ignorant de la Chose, Sa Sainteté ignore qu’un préservatif est efficace à 99%. Un chiffre qui ne saurait être concurrencé par la chasteté, l’abstinence humaine n’existant qu’entre deux tentations. Pas plus que par les prières exaucées, car le Seigneur, dans Ses divines Occupations, ne daigne pas répondre de manière systématique à son amas de fidèles. Ce qui est fort compréhensible, son armée de dévots le sollicite ab hoc et ab hac, même pour une place de Parking ; c’est que c’est à Lui filer la Divine Migraine, le Pauvre. Revenons à notre berger de moutons, le pape. En dépit de toute analyse numérique, il condamne le préservatif. Des propos peu pesés mais qui valent néanmoins leur pensant de cacahuètes au Cameroun, dont le tiers de la population est catholique. C’est que ça vaut cher, un pesant de cacahuètes en Afrique Noire.
À peine dans un autre pays d’Afrique, l’Angola, le pape s’emmêle dans un plaidoyer anti-avortement, englobant maladroitement l’avortement thérapeutique et faisant outrageusement référence au protocole de Maputo, qui appelle les membres de l’Union Africaine protocole à autoriser « l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus ». Malgré la récente excommunication d’une mère brésilienne qui a eu l’audace de faire avorter son enfant de neuf ans, abusée par son beau-père, Sa Courageuse Sainteté ne s’écrase pas.
Voir une excellente caricature de Maester : http://maester.over-blog.com/article-29138081.html
Le pape est l’outil de l’Apocalypse, que le Seigneur, avisé et paresseux, a relégué intelligemment au clergé. Qui s’en acquitte fort bien. En décernant le titre de Connard Absolu à Joseph Ratzinger, plus haut dignitaire du clergé en question, nous remercions chaleureusement Monsieur et Madame Ratzinger ses prudents parents qui n’ont pas utilisé de capote. La décadence intellectuelle et la décimation partielle de l’Afrique les en remercie.

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Il m’arrive rarement de me placer dans un mouvement d’indignation collectif ni de tomber dans l’ad hominem. Pourtant, je m’insurge. C’est que je déteste ce babouin.





Faut vraiment que je lise tout l’article (enfin c’est plus un pamphlet qu’autre chose) pour poster un commentaire ? ^^
T’es pas obligé.
Mais je suis vexée comme un pou, soit dit en passant.
« La décadence intellectuelle et la décimation partielle de l’Afrique les en remercie. » C’est drôle.
Pour l’Oscar de Connard de l’année concernant la question épineuse du virus du Sida, il ya ce bonhomme qui s’en sort pas mal…
http://jesuisunblog.com/2009/02/22/quest-ce-que-le-swatziland/
Jesuisunblog > Je suis fan :’)
Là tu y va fort car si tout le monde suivait l’exemple du pape, il n’y aurait pas de Sida mais le pb serait aussi pour la population car la race humaine ne lui survivrait pas
Un vrai dilemme ^^ donc à choisir mieux vaut choisir le risque préservatif, au moins il y a du plaisir à la clé
2pasag the papoteur >> si Lili P. avait dit qu’il faut suivre l’exemple du pape, ce serait de l’ironie. Mais elle n’a meme pas dit ca, il faut lire l’article alors
@Tchit : j’ai lu l’article et même en entier
l’ironie peut aussi être dans le comm’ ;=)