[Lili P.] Anti-dépresseurs, anti-penseurs
Lili P. sort de chez son médecin. Liliputienne de son état, elle affiche sur la balance un poids ridicule de 43 kilos. Pourtant, son docteur n’a pas hésité, pour la guérir de son hyperactivité, une dose quotidienne de Prozac 60 mg par jour ; ce qui est aussi logique que de prescrire à un chaton excité du sédatif pour cheval.
Depuis que des connaissances savent cela, par un effet communicatif à faire rougir toutes les campagnes de pub, elle est devenue la coqueluche nocturne. On la croit dépressive. Et dans les soirées azuréennes, la tendance est à la détresse Emo. L’effet « écorchée vive » et le style bourgeoise en mal d’endorphine sont les meilleures armes pour infiltrer la haute société cannoise. Les invitations pleuvent, mais Lili se dérobe. Elle sera décevante, elle le sait. Elle est trop heureuse pour feindre la dépression, trop joyeuse pour se montrer à la hauteur de sa dose d’antidépresseurs. Elle n’est qu’une naine assommée par des calmants aux effets exagérés. Une junkie dans la légalité qui risque son capital neuronal.

Toute néo-abrutie soit-elle, sa popularité soudaine la laisse perplexe, et elle ne manque pas d’en tirer une leçon. Au final, pour faire partie du gratin de la société, il faut nécessairement être un légume.

Ceci est un moule à patates.

Ceci aussi.
*jette son Prozac à la poubelle*




