Belle toute nue, apologie du mensonge
Lili P. adore regarder des émissions de télévision pour le moins médiocres. En tant que Lili Pute avérée, elle aime regarder Confessions Intimes entre deux pavés de Kant. Il faut dire que voir une jalouse maladive piquer une crise car son homme a eu l’audace de croiser le regard peint d’un mannequin en plastique a de quoi achever les relents de compassion de la petite mesquine. Depuis peu, une nouvelle émission est près de détrôner Confessions Intimes dans le petit cœur de la grande connasse. L’on y exploite la détresse de l’être humain ; et son surpoids. Elle ne peut que s’en délecter et sortir sa fourchette. BELLE TOUTE NUE.
L’émission est une caricature sociale. Un schéma de mauvais roman, dont Lili P. vous fait découvrir la fiche de lecture.
- Les victimes : Des femmes au visage particulièrement joli mais au corps ravagé par les capitons. Elles ont forcément des conjoints compréhensifs, qui, lassés de les entendre se plaindre constamment de leur poids, disent avec amour qu’ils apprécient les corps de leurs imposantes chéries. C’est tellement mignon.
- Intrigue : Elles ont tout pour être heureuses, sauf la taille 36.
- Le héros : William. Un charmant gay autobronzé et péroxydé, branchouille et maigrichon, histoire de contraster au possible avec les demoiselles filmées.
- La technique héroïque : Aussi subtil qu’une caresse de Stallone, le traitement de choc consiste en la projection de la photo de la victime en sous-vêtements dans un lieu public à Paris. Âmes pudiques s’abstenir, âmes complexées également. Du reste, toute l’émission s’articule autour de l’importance des sous-vêtements. Peu importe que vous soyez enrobée, tant qu’on ne le devine pas trop aisément. Gardez vos défauts physiques mais cachez-les. Misez sur l’apparence sans vous donner la peine de changer les choses. L’art du planquage, en une leçon. Pour la superficialité des minces, l’on repassera je vous prie. Au final, les victimes portent culotte et caleçon gainants, et ressemblent à s’y méprendre à des moniteurs de plongée. L’association d’idées inévitable serait-elle un clin d’œil aux surnoms marins du sexe faible ?

(Spéciale dédicace à Lou pour le surnom de crevette)
- Les hypocrites : Des personnes interviewées dans la rue, qui s’extasient sans vergogne sur des courbes de montagnes russes. Des paroles fantaisistes, « elle a le corps de Marilyn Monroe ». Des notes aussi : « Je donne un dix à ce corps », dixit un greluchon, prototype des sales gamins à l’école primaire qui font complexer toute une classe. Ah ! La télé ! Ou l’art de rendre mielleux et lâche tout enfoiré.
Cette émission est une insulte, infiniment plus sournoise que les billets de Lili P sur la question. Lili P. adule la beauté et l’intelligence. Belle toute nue encense le planquage et le mensonge. Mais que peut-on attendre d’une émission au nom si racoleur ? Certainement pas des conseils avisés sur le pourquoi du mal être de ces cruches pleines. Ces dames n’ont ni régime ni sport à faire. Double confort. Seulement, à vouloir le beurre et l’argent du beurre, planquées ou pas, l’on garde les fesses flasques de la crémière. Voulez-vous changer la société de consommation ? Soit, Lili P. vous rejoint dans votre noble cause. Aussi, pour prouver sa bonne foi, Lili P. préconise la commercialisation de jouets qui ne conditionnent pas les fillettes.
Faites un triple Hourra à Barbie lamantin :

(Et pourquoi pas, par la suite, une baleine gonflable pour ces messieurs ?)





Tu n’as vraiment que ça à faire que de critiquer les emissions ?
Crée en une. Tu portes bien ton nom : Lili PUTE.
Ces femmes sont complexées, on les aide à se sentir mieux dans leur peau. Mais puisque tu le veux, vivons dans un monde d’anoréxique faisant du 34 et faisant un régime… Mourant de maigreur.
Tu connais Velvet D’Amour ? Ca c’est de la femme…
Adieu
Orl > C’est clair que la graisse et la cellulite, c’est bandant ! Marre de la norme qui correspond à une hygiène de vie correcte, vive la maladie et le surpoids !
Si t’aimes taper dans les mottes de saindoux, c’est ton problème. Mais ne vient pas justifier tes déviances en t’en prenant à ceux qui apprécient les gens en bonne santé.
Je parle d’une émission qui ne prône pas la retenue. Mais bien le mensonge. Parler de Velvet d’amour pour illustrer ton propos, alors que je conchie l’impudeur de la télé-réalité, n’est pas le meilleur moyen pour me faire réfléchir.
Une émission qui n’agit pas dans le fond (aucune interrogation sur le pourquoi des canons de la beauté ou sur la raison du mal-être) mais uniquement dans la surface est pour moi une émission de merde. En gros, une invitation au planquage hypocrite. Moyen.
Ca commence sérieusement à me lasser. Je n’estime pas que les « gros » ne méritent pas d’exister ou que sais-je. J’ai une aversion certaine pour la cellulite, dans le sens où je trouve ça franchement laid. Mais c’est une préférence esthétique qui ne joue que dans les rapports de séduction et qui n’a pas du tout influencé le billet.
Ah! Ces témoignages aussi hypocrites que délirant pullulent dans le petit écran à toutes heures de la journée : à l’heure du journal télévisé pour défendre coûte que coûte la trame d’un fait divers sans l’appui d’une enquête policière (je n’étais pas là, mais vous serez tout), en plein milieu d’un divertissement, ou pire au détour d’une émission de société… Les audiences sont au rendez-vous, les producteurs ont des émissions qui gagnent, pourquoi prendre le risque d’informer le téléspectateur à travers des reportages honnêtes si ce même pantin se complaît dans le virtuel? La télévision n’a rien de réel. C’est une lucarne sur un monde parallèle, un lieu où les méchants sont reconnaissables par leur couleur et où les gentils qui nous délivrent l’information ne comptent plus leurs millions. C’est une trappe vers une existence qui oublie le fond au point d’abuser de la forme… Les images ont le pouvoir de faire et défaire quoi que ce soit, elles détiennent aussi à n’en pas douter celui de rendre con.
+ 1000
De toute manière, pour décomplexer une femme, la seule méthode possible est une avalanche de compliments, alors peut importe qu’ils soient vrais ou pas, si cela peut les aider à entamer le cercle vertueux de la confiance en soi, je suis pour!
En revanche, comment des femmes soit disant très fortement complexées acceptent-elles au départ de participer à une émission présentée à la France entière? Cela me parait paradoxal..