Pape et Cul
Peu de personnes peuvent aspirer au titre de connard absolu. Cette distinction fort enviée ne peut en effet être décernée à toutes les raclures en mal d’identité. Elle est l’apanage aux salauds influents dont les décisions malhonnêtes et imbéciles ont des répercussions sur des millions de personnes. À l’inverse de la légion d’honneur, la décoration de connard absolu se mérite. Et bien que souvent réservée à des simplets à col blanc, elle ne constitue pas une sinécure : enlaidir le monde plus qu’il ne l’est déjà est un sacerdoce vicieux, un sacrifice de tous les instants.
On ne récompensera désormais que peu les prestations des politiciens, toutes dévouées soient-elles, à ruiner à grande échelle. Après des prédécesseurs tels que Bush et Berlusconi, il s’agit pour le titre de connard absolu de trouver des candidats à la hauteur et de devenir l’ultime preuve d’une connasserie incontestable et résolument irresponsable. Aussi, avec un bel enchaînement d’âneries irresponsables, le nom du Connard de l’année est déjà su en Mars. Il a su user de l’influence que lui conféraient ses nombreux titres pour vaincre haut la main la brochette d’enflures que la crise nous a portant servi sur un plateau d’argent : il est vicaire du Christ, successeur de saint Pierre, archevêque et métropolitain de la province de Rome et de l’Etat du Vatican, souverain patriarche de l’Occident et primat d’Italie. Benoit XVI.
Lorsque l’on parle du Proche-Orient, les cœurs s’échauffent, les âmes s’insurgent et les esprits se confondent. Alors les échauffés spamment, les insurgés manifestent et les confus s’expriment. D’où un unilatéralisme navrant, omniprésent dans un côté comme dans l’autre, frisant la caricature et dépassant le communautarisme. Après la rue, c’est la Toile qui se fait défenderesse de la justice arbitraire et qui devient la tribune d’esprits bien intentionnés, certes, mais qui ne se remettent jamais en question. Après les philosophes de café et les piliers de bar PMU, ce sont les endoctrineurs de Facebook qui comprendraient tout à tout. Seulement eux. Ce n’est pourtant que leur vanité ou leur empressement doucereusement amène qui leur donne l’illusion d’être les élus de la connaissance et les prophètes de la politique ; à défaut du contraire. Quand ils croient voir clair en le conflit inextricable du Proche-Orient, ils font sciemment ou non preuve d’un manichéisme sommaire, mais hélas systématique dès que l’on s’attelle à la tâche de traiter de la politique proche-orientale sans parti pris « sentimental ». Malheureusement, faire preuve de neutralité revient à devenir la brebis galeuse de son propre camp. Renoncer à ses partis pris sentimentaux en vue d’analyser aussi objectivement que possible implique un statut de sombre judas, de traître à son sang ou à ses idées.
Le jour de l’an, avec son symbolisme à la gomme et ses résolutions à la noix, est une gourmandise de choix et une confiture à cochons pour la presse féminine. En effet, il constitue le 





