La belle saison : l’incitation à lire con
Dès que les bureaux sont désertés et les plages bondées, l’industrie de la presse et de la littérature considèrent ipso facto que les lecteurs ont laissé leur cerveau et leur bon goût au vestiaire au profit d’un maillot de bain échancré. Et qu’au sortir de l’été, refleuriront les idées dans les crânes. D’où le concept aberrant de la rentrée littéraire. Il existerait donc des saisons neuronales, en somme, et l’été en serait la creuse.
Le Parti Socialiste français a un défaut majeur : ses dirigeants. Au lieu de s’occuper avec intelligence d’un bon programme pour les français, ils préfèrent s’affairer à de puérils tirages de couettes et de barbichettes qui décrédibilisent le parti, ou du moins ce qu’il en reste. Un tirage dans les pattes qui engendre un handicap pédestre de taille. Et si ce talon d’Achille devait avoir une surface épidermique qui expliquerait grandement sa fragilité, un maudit centimètre carré qui provoquerait inévitablement la destruction, nul doute que ce serait Jack Lang, la girouette notoire.
Notre époque porte incontestablement le sceau de l’exhibitionnisme, fardeau atavique transmis par une ancienne limitation des libertés. À la manière de quelques pubères qui font durer interminablement leur crise adolescente et qui invoquent l’inhibition antérieure de leurs émotions au moindre reproche, l’individu moderne se plaît à faire étalage de tout et de n’importe quoi, de l’important et du futile, du personnel et du public ; en somme, de ce qui est bon à savoir comme de ce qui ne l’est pas. Et cet exhibitionnisme est rentré dans les mœurs, ne vous en déplaise. En atteste la popularité des skyblogs, où la pudeur est plus honnie que la bonne orthographe – c’est dire. Ou encore, la personne même du président de la République française. Sarkozy, dans une impulsion intimiste, a estimé nécessaire de créer une complicité entre le peuple français et lui. D’où un déballage consciencieux de se vie privée et de ses amours. Mais ne ressassons point ce qui est parfaitement su, et revenons au très-in exhibitionnisme.



