Google, ennemi des rédacteurs
N’en déplaise aux utopistes et aux moralistes de tout poil, l’être humain est incontestablement intéressé par quelque chose lorsqu’il entreprend une action. Appât du gain et gagne-pain obligent. Si l’humanité est avancée, c’est parce que l’individu puise au fond du besoin instinctif de se distinguer des autres pour évoluer. Notre civilisation repose indubitablement sur des stimulants émotionnels et sur l’individualité profondément ancrée en chacun de nous. Elle serait davantage primaire si les hommes ne ressentaient ni colère ni envie. Mais elle le serait également s’ils en ressentaient trop. Prenons la Blogopshère à titre d’exemple. L’on pourrait croire que les plumes et les idées qui émergent dans la concurrence sont les plus précieuses. Peut-être, mais ce n’est pas suffisant pour rattraper toute la destruction opérée. Le talent souffre des dents longues des protagonistes, si aiguisées qu’elles en deviennent assassines. Meurtrières. L’héritage littéraire est le premier tranché. Un coupable ? Le référencement.

Lorsque l’on parle du Proche-Orient, les cœurs s’échauffent, les âmes s’insurgent et les esprits se confondent. Alors les échauffés spamment, les insurgés manifestent et les confus s’expriment. D’où un unilatéralisme navrant, omniprésent dans un côté comme dans l’autre, frisant la caricature et dépassant le communautarisme. Après la rue, c’est la Toile qui se fait défenderesse de la justice arbitraire et qui devient la tribune d’esprits bien intentionnés, certes, mais qui ne se remettent jamais en question. Après les philosophes de café et les piliers de bar PMU, ce sont les endoctrineurs de Facebook qui comprendraient tout à tout. Seulement eux. Ce n’est pourtant que leur vanité ou leur empressement doucereusement amène qui leur donne l’illusion d’être les élus de la connaissance et les prophètes de la politique ; à défaut du contraire. Quand ils croient voir clair en le conflit inextricable du Proche-Orient, ils font sciemment ou non preuve d’un manichéisme sommaire, mais hélas systématique dès que l’on s’attelle à la tâche de traiter de la politique proche-orientale sans parti pris « sentimental ». Malheureusement, faire preuve de neutralité revient à devenir la brebis galeuse de son propre camp. Renoncer à ses partis pris sentimentaux en vue d’analyser aussi objectivement que possible implique un statut de sombre judas, de traître à son sang ou à ses idées.
Le jour de l’an, avec son symbolisme à la gomme et ses résolutions à la noix, est une gourmandise de choix et une confiture à cochons pour la presse féminine. En effet, il constitue le 



