Catégorie: Langue de vipère

Antigones : piège à connes

Comme tous les ados mal dans leur peau et autres jeunes filles en fleurs (fanées), j’ai admiré Antigone. J’ai aimé Antigone. Et j’ai été Antigone. Aussi originale qu’une paire de Converse, je me retrouvais dans cette soif d’absolu, dans ce physique malingre et noiraud.  Aujourd’hui adulte, je pense encore à Antigone ; même si je la mets de côté, parfois, dans le placard où je consigne soigneusement mes idéaux les plus ardents.  « J’ai retourné ma veste le jour où je me suis aperçu qu’elle était doublée de vison » disait Gainsbourg. Mais on en parlera un autre jour. Pour me sortir de ma torpeur, il fallait frapper fort, comme par exemple, s’accaparer mon héroïne pour en faire le blason d’une brochette de volailles.

Ecrits Vains

Beaucoup avouent être soulagés en écrivant. N’en déplaise à Michel Sardou, la vie ce serait plus marrant, non en chantant, mais en raturant. Quel bonheur, disent-ils, de mettre des mots sur des sentiments. Ces assertions auraient certainement eu un certain poids si les individus qui les assenaient n’étaient pas foncièrement de mauvais écrivains. Ces chantres de la médiocrité littéraire, de par leur approche totalement niaise de l’écriture, pondent des écrits aussi mornes et inhabités que leurs propres personnes.

Ne parlons pas des écrits objectifs. Un écrit objectif n’est pas ravissant ; il ne virera jamais ni à l’excellence unanime ni à la sournoise subversion. L’écrit objectif est résolument petit-bourgeois. Peut-être brillant, précis mais certainement pas génial.

Les Japoniaiseries me font rire… jaune

Il est de ces modes à grande échelle que personne n’ose critiquer et qui passent telles des caravanes sans qu’aucun aboiement ne perce le silence assourdissant du laisser-aller tolérant. On s’en veut même, à l’occasion, de ne pas les suivre ; Et de s’interroger ainsi sur la source inquiétante de ce manque d’engouement. On n’ose pas dire que l’empereur est nu, que la tendance est au mieux inintéressante, au pire, sérieusement casse-pieds. Non. On fait preuve d’une indulgence paternaliste que Lili P., gamine de son état, brise aujourd’hui puisqu’elle s’ennuie.

Orelsan déprogrammé : et alors ?

En France, parfois, on conteste avant de comprendre. On proteste avant de produire. On râle avant de réfléchir. La vague d’indignation occasionnée par la déprogrammation d’Orelsan aux Francofolies en atteste. Cet élan, je l’aurais applaudi si j’y avais vu plus de passion que d’impulsion idiote, s’il était mu par autre chose que par des automatismes de société sotte. Mais non. Les français, par paresse, se complaisent dans leurs régularités qu’ils désignent sous le nom flatteur de principe. Paradoxal, d’ailleurs : ils dénoncent la rigidité de la censure alors qu’ils solidifient celle de leurs principes ; puisque ces derniers, n’en déplaise aux défenseurs de la droiture de fer, ne sont ni plus ni moins que des réflexes viscéraux et obtus refusant désespérément de s’adapter au contexte. Vous avez dit robot ?

La saison estivale est une invitation à penser moins, ou adolescent. Avec la fougue de la prime jeunesse, mais également son manque de recul, on pleure la déprogrammation d’Orelsan et on regrette la liberté d’expression. Pourtant, il a été programmé ; pas censuré. Qui a donc invité la liberté d’expression au procès des intentions ? Nul ne le sait. Après tout, si un festival a le droit de programmer ou non un artiste sans que l’on crie à la censure, sans que l’on s’insurge de sa compétence à juger les prestations artistiques, il dispose également du droit de déprogrammer un autre s’il l’estime mauvais après-coup. Combien d’artistes sont snobés par les planches sans qu’ils ne s’insurgent contre la censure culturelle ? Mais évidemment, nous parlons d’Orelsan. Sa provocation cache son manque de talent : arguant qu’il est controversé, on impute son absence non à son effroyable médiocrité mais à la discutabilité de ses paroles et à la censure ».

Stand-By

Vous l’aurez remarqué, je publie plus régulièrement qu’avant. Fort de cette nouvelle régularité, le Blog a plus de lecteurs ; qu’il serait fort irrespectueux d’ignorer. Disons-le. Je suis incapable a priori de bloguer avant début Juillet. Ce n’est pas catégorique : après tout, vous n’êtes pas à l’abri d’un billet surprise. Mais ne pouvant rien vous promettre, je vous conseille uniquement (si vous le désirez) de suivre de plus près le Blog : soit grâce au flux RSS soit grâce à la jolie Newsletter qui vous fait les yeux doux.