Catégorie: Revue de peste

Quand JP Pernaut chouchoute Mémé

 

 On ne cesse d’ânonner à Lili P. , hyper-active de son état, qu’elle doit  manger doucement. Lentement. Calmement. Dans un cadre Zen, sans  souci, et si possible sans activité intellectuelle. Aussi, déjeune-t-elle      tous les jours à treize heures, rideaux fermés, bougies allumées, devant  le JT de Jean-Pierre Pernaut.

 

Aux peurs, citoyens !

 

Depuis le fait-divers relatif à une petite imprudente séquestrée par un pédophile, c’est le branle-bas de combat. Il faut croire que le monde est truffé de pédophiles. Chaque coin de rue et chaque discussion en messagerie instantanée cacheraient un pédophile en puissance. Fermez vos volets et éteignez vos écrans. C’est le message substantiel d’un spot concocté par le secrétariat d’état à la famille. Sourire béatement à un enfant, comme on sourit à un très joli chiot,  est en passe de devenir un crime dans l’imaginaire paranoïaque de certaines mères de famille qui attendaient avec impatience une énième occasion d’avoir peur et de couver davantage leur marmaille grâce à la fameuse Nadine aux idées fumeuses.

 

Un métier en perdition : journalisme

 

De l’inimitié assumée pour la cellulite

Les canons de la beauté sont cruels pour les uns, ambitieux pour les autres. Tout de dépend de quel côté l’on se trouve, ou plutôt, quelle taille de pantalon l’on fait. Finesse et sveltesse sont bénies. Or, la mauvaise foi, doublée de complexes somme toute bien compréhensibles, véhicule une pensée supposée anticonformiste : la minceur, c’est laid. Et vive la révolution de la disgrâce grasse. Sous couverts d’arguments sérieux et d’exemples construits, lesdites personnes, en droite ligne de la notion argumentative la plus basique et la plus célèbre de Schopenhauer, citent les cas osseux et tragiques auxquels conduit l’anorexie. Une vision simpliste, affreusement binaire. Les gens ne seraient que des 0 et des 1. D’un point de vue pondéral, évidemment. Des fils de fer, et des cercles. Aucun intermédiaire. C’est donc sur les pires dérives des maladies psychologiques liées au poids que se greffe le discours détracteur d’une communauté peu favorisée par la nature. Ce qui est justement blâmable, c’est l’instauration d’une communauté, non sur un désir d’entraide et de solidarité, mais sur de la mauvaise foi.