Le dévot des laïques

Le mauvais livre de Nicolas SarkozyNotre époque porte incontestablement le sceau de l’exhibitionnisme, fardeau atavique transmis par une ancienne limitation des libertés. À la manière de quelques pubères qui font durer interminablement leur crise adolescente et qui invoquent l’inhibition antérieure de leurs émotions au moindre reproche, l’individu moderne se plaît à faire étalage de tout et de n’importe quoi, de l’important et du futile, du personnel et du public ; en somme, de ce qui est bon à savoir comme de ce qui ne l’est pas. Et cet exhibitionnisme est rentré dans les mœurs, ne vous en déplaise. En atteste la popularité des skyblogs, où la pudeur est plus honnie que la bonne orthographe – c’est dire. Ou encore, la personne même du président de la République française. Sarkozy, dans une impulsion intimiste, a estimé nécessaire de créer une complicité entre le peuple français et lui. D’où un déballage consciencieux de se vie privée et de ses amours. Mais ne ressassons point ce qui est parfaitement su, et revenons au très-in exhibitionnisme.

Lilipérégrinations urbaines…. (Si seulement)

 

Imposture littéraire I : Vous (fai) revoir

Qu’est-ce qui sonne plus creux que la tête d’un fan de tuning ? Qu’est-ce qui est plus plat qu’une crêpe, ou pis, plus plat que le commentaire footballistique d’un supporter du PSG ? Aussi crédible qu’un altermondialiste en Converse ?

Un roman de Marc Lévy », bien sûr.
Un regard niais en vaut deux (de livres)

Ingrid : Illustration du trop plein médiatique

Ingrid Betancourt est libérée. Six ans après. Il a fallu un matraquage médiatique en règle et un matraquage militaire. Pardon, c’était une opération militaire pacifique concernant les FARC. Non, ce n’est pas une antithèse. La fin justifie les moyens. L’on enlèvera enfin les immondes affiches de son visage émacié des voitures. Ou pire, les affiches la présentant avant sa capture, avec ses effroyables cheveux peroxydés et son regard bovin évoquant non point la blanche colombienne, mais le chocolat euphorique marocain. La stupide journaliste, connue pour se balader en Colombie tandis qu’elle briguait les présidentielles, est libérée. Une Ode à l’insouciance. Hourra !

Label « banlieue vilaine »

93. Nid du rap. Du mauvais rap. Poulailler abritant d’imbuvables coqs aux becs enfarinés quand il s’agit de la qualité de leurs œufs ; œufs avariés qu’ils exposent sans honte au marché. Il n’est pas seulement question des insultes-sur-pattes à la langue française, comme le groupe oublié Tragédie, car ce n’est pas bien de parler des morts ou encore comme la dénommée Zaho avec son merveilleux « c’est chelou » puisque d’une part, elle est Québécoise et qu’il serait ennuyeux de parler de fades bûcheronnes, et que d’autre part, il serait trop facile de décrire une « artiste » au refrain aussi recherché que « tu diras à cette tasspé que je vais la taper » uniquement pour remplir une colonne déjà bourrée d’adverbes.

Il s’agit surtout de dénoncer l’imposture outrancière que représentent des poètes autoproclamés aux rimes pauvres (si tant est qu’il y ait des rimes) et aux chansons poussives qui, par je ne sais quel vice cérébral, sont encensés par un public émerveillé par des paroles-trop-profondes-tu-vois. Abd Al Malik, par exemple. Congolais, musulman et bisounours. Grand bien lui fasse. Il pioche abondamment dans le stéréotype fadasse, dans le politiquement correct et dans la tolérance dégoulinante. Mais ce n’est certainement pas suffisant pour faire une bonne chanson. Tout au plus un vil ersatz de mélodie musicalement pathétique et fondamentalement consensuel.