Obasceptiques : entre casse-pieds et brise-rêves
À chaque mode, ses détracteurs. Et l’Obamania n’échappe pas à la règle. Aux républicains que je n’hésiterais pas à qualifier de sombres idiots réactionnaires, se greffe une nouvelle espèce d’observateurs psychorigides et blasés : les Obasceptiques. Ce courant monolithe est loin d’être historique : l’apparition d’insatisfaits chroniques accompagne généralement tout soulèvement populaire. Et dans un mépris caractéristique des bobos les plus imbus de leur propre vide, l’assimilation est systématique dans l’esprit de ces messieurs: la masse est crasse. Sans appel.
À l’origine, l’élection récente d’un homme. Il est clair qu’à voir l’engouement populaire, l’on pourrait croire en le sacre d’un Dieu. Mais non. C’est un homme, un seul. Un charismatique orateur s’il en est, mais un homme. Un homme qui incarne l’espoir, le changement, l’évolution. Une bouffée d’air frais dans un monde pollué. Sale. Encrassé par la poussière, la merde et le sang. Un homme qui fait se lever les foules ; une Star de la politique est née.
Les détails changent la manière dont est perçue une histoire. C’est le but, direz-vous. Mais il est rare, tout de même,
La Marseillaise a été sifflée, huée. Ce genre de manifestation est pour le moins stupide, mais ce fait-divers ne possède pas ce caractère fondamentalement insolite ou stupide propre à le faire mentionner dans ces prétentieuses colonnes.
Les canons de la beauté sont cruels pour les uns, ambitieux pour les autres. Tout de dépend de quel côté l’on se trouve, ou plutôt, quelle taille de pantalon l’on fait. Finesse et sveltesse sont bénies. Or, la mauvaise foi, doublée de complexes somme toute bien compréhensibles, véhicule une pensée supposée anticonformiste : la minceur, c’est laid. Et vive la révolution de la disgrâce grasse. Sous couverts d’arguments sérieux et d’exemples construits, lesdites personnes, en droite ligne de la notion argumentative la plus basique et la plus célèbre de Schopenhauer, citent les cas osseux et tragiques auxquels conduit l’anorexie. Une vision simpliste, affreusement binaire. Les gens ne seraient que des 0 et des 1. D’un point de vue pondéral, évidemment. Des fils de fer, et des cercles. Aucun intermédiaire. C’est donc sur les pires dérives des maladies psychologiques liées au poids que se greffe le discours détracteur d’une communauté peu favorisée par la nature. Ce qui est justement blâmable, c’est l’instauration d’une communauté, non sur un désir d’entraide et de solidarité, mais sur de la mauvaise foi.



