Aux peurs, citoyens !

 

Depuis le fait-divers relatif à une petite imprudente séquestrée par un pédophile, c’est le branle-bas de combat. Il faut croire que le monde est truffé de pédophiles. Chaque coin de rue et chaque discussion en messagerie instantanée cacheraient un pédophile en puissance. Fermez vos volets et éteignez vos écrans. C’est le message substantiel d’un spot concocté par le secrétariat d’état à la famille. Sourire béatement à un enfant, comme on sourit à un très joli chiot,  est en passe de devenir un crime dans l’imaginaire paranoïaque de certaines mères de famille qui attendaient avec impatience une énième occasion d’avoir peur et de couver davantage leur marmaille grâce à la fameuse Nadine aux idées fumeuses.

 

Un métier en perdition : journalisme

 

Quand la droite décomplexée est également imbécile

11h. Faculté de Lettres de Nice Sophia Antipolis.

Un sac Longchamp à la main, et un téléphone tactile dans l’autre, Lili P. évite tant bien que mal de piétiner un amas considérable de tracts révolutionnaires. Elle râle en son for intérieur, et se dit qu’elle vient de découvrir à elle seule pourquoi la gauche n’arrive pas à se rassembler. Si l’extrême gauche nargue à ce point les Verts, ce n’est pas demain la veille que la France aura une opposition digne de ce nom. Forte de cette fine analyse politique, ealle s’apprête à claquer du talon sur les premières marches de l’hideux bâtiment où l’on lui dispose des cours quand, soudain, une main, ignorant les nids à bactéries ambulants communément appelés dreadeux devant elle, lui donne un tract révolutionnaire. Lili se demande pourquoi on lui propose un tract à elle et pas aux autres, qui semblaient plus portés sur la révolution qu’elle. De plus, si elle en voulait un, elle n’aurait quand même pas hésité à en ramasser un. Elle saisit tout de même le flyer que lui tendait la main manucurée d’un jeune homme qui avait autant de chances d’étudier à la faculté de Lettres que Lili d’être chanteuse de tantras dans un temple bouddhiste. Le pull par-dessus chemise et la coiffure façon mise en plis sont des signes qui ne trompent pas, lorsque l’on se place dans le microcosme caricatural des étudiants niçois. Un apprenti juriste. Ce qu’un juriste fait dans la fac des Hippies crasseux est curieux. La raison pour laquelle il distribue des tracts démagogiques dignes des communistes de base aux T-shirts Che Guevara est sur le point de chiffonner la naine un rien snob. À y regarder de plus près, le tract est distribué par de jeunes militants UMP Facs. Lili rit sous cape de ce révolutionnaire en Ralph Lauren, mais continue son chemin.

Mais en sortant de cours, Lili est estomaquée. À croire que la construction universitaire semblait en mal de laideur, l’on avait placardé sur les murs des affiches criardes représentant Valérie Pécresse. « Ils ont chosii de toujours dire non, nous avons fait la réforme de l’enseignement . Nous sommes révolutionnaires. »

Obasceptiques : entre casse-pieds et brise-rêves

 

À chaque mode, ses détracteurs. Et l’Obamania n’échappe pas à la règle. Aux  républicains que je n’hésiterais pas à qualifier de sombres idiots réactionnaires, se greffe une nouvelle espèce d’observateurs psychorigides et blasés : les Obasceptiques. Ce courant monolithe est loin d’être historique : l’apparition d’insatisfaits chroniques accompagne généralement tout soulèvement populaire. Et dans un mépris caractéristique des bobos les plus imbus de leur propre vide, l’assimilation est systématique dans l’esprit de ces messieurs: la masse est crasse. Sans appel.

À l’origine, l’élection récente d’un homme. Il est clair qu’à voir l’engouement  populaire, l’on pourrait croire en le sacre d’un Dieu. Mais non. C’est un homme, un seul. Un charismatique orateur s’il en est, mais un homme. Un homme qui incarne l’espoir, le changement, l’évolution. Une bouffée d’air frais dans un monde pollué. Sale. Encrassé par la poussière, la merde et le sang. Un homme qui  fait se lever les foules ; une Star de la politique est née.

Leçon d’humour by le procès Quick/Frite

 

Les détails changent la manière dont est perçue une histoire. C’est le but, direz-vous. Mais il est rare, tout de même,  que ces mêmes détails modifient fondamentalement la nature d’une situation, qu’ils servent non point à apporter la nuance directive, mais à orienter entièrement un fait. C’est ainsi que le procès de la Frite, une belle fumisterie, nous fait voyager au fil des quatre formes d’humour. Cette liste se réfère aux catégories de blagues dressées dans le site labanane.org, et qui sont somme toute bien connues.