Belle toute nue, apologie du mensonge
Lili P. adore regarder des émissions de télévision pour le moins médiocres. En tant que Lili Pute avérée, elle aime regarder Confessions Intimes entre deux pavés de Kant. Il faut dire que voir une jalouse maladive piquer une crise car son homme a eu l’audace de croiser le regard peint d’un mannequin en plastique a de quoi achever les relents de compassion de la petite mesquine. Depuis peu, une nouvelle émission est près de détrôner Confessions Intimes dans le petit cœur de la grande connasse. L’on y exploite la détresse de l’être humain ; et son surpoids. Elle ne peut que s’en délecter et sortir sa fourchette. BELLE TOUTE NUE.
Les détails changent la manière dont est perçue une histoire. C’est le but, direz-vous. Mais il est rare, tout de même,
Les canons de la beauté sont cruels pour les uns, ambitieux pour les autres. Tout de dépend de quel côté l’on se trouve, ou plutôt, quelle taille de pantalon l’on fait. Finesse et sveltesse sont bénies. Or, la mauvaise foi, doublée de complexes somme toute bien compréhensibles, véhicule une pensée supposée anticonformiste : la minceur, c’est laid. Et vive la révolution de la disgrâce grasse. Sous couverts d’arguments sérieux et d’exemples construits, lesdites personnes, en droite ligne de la notion argumentative la plus basique et la plus célèbre de Schopenhauer, citent les cas osseux et tragiques auxquels conduit l’anorexie. Une vision simpliste, affreusement binaire. Les gens ne seraient que des 0 et des 1. D’un point de vue pondéral, évidemment. Des fils de fer, et des cercles. Aucun intermédiaire. C’est donc sur les pires dérives des maladies psychologiques liées au poids que se greffe le discours détracteur d’une communauté peu favorisée par la nature. Ce qui est justement blâmable, c’est l’instauration d’une communauté, non sur un désir d’entraide et de solidarité, mais sur de la mauvaise foi.



