Tag: mauvais livre

Aoû

Ecrits Vains

Beaucoup avouent être soulagés en écrivant. N’en déplaise à Michel Sardou, la vie ce serait plus marrant, non en chantant, mais en raturant. Quel bonheur, disent-ils, de mettre des mots sur des sentiments. Ces assertions auraient certainement eu un certain poids si les individus qui les assenaient n’étaient pas foncièrement de mauvais écrivains. Ces chantres de la médiocrité littéraire, de par leur approche totalement niaise de l’écriture, pondent des écrits aussi mornes et inhabités que leurs propres personnes.

Ne parlons pas des écrits objectifs. Un écrit objectif n’est pas ravissant ; il ne virera jamais ni à l’excellence unanime ni à la sournoise subversion. L’écrit objectif est résolument petit-bourgeois. Peut-être brillant, précis mais certainement pas génial.

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Mai

Anna galvauda l’Art

 

 

  • Imposture littéraire II :

 

La littérature devrait être plus souvent comparée à la gastronomie. Tout y est question de doses, d’épices et de douceur. Tout est dans la pincée, le brin et le soupçon.  À mal équilibrer les ingrédients, l’on donne au mieux l’indigestion au pire la nausée. Ah ! Parlons nausée, parlons Anna Gavalda. Son œuvre n’est tout de même pas le fast-food du genre, ne soyons pas mesquins quand l’essence se prête trop à la caricature pour accepter l’hyperbole. Ses livres ne sont pas fades. Ce serait vraiment faire preuve d’une singulière mauvaise foi que de dire qu’ils laissent indifférent. Au contraire, ils vont droit au cœur et à l’estomac, en donnant haut-le-cœur et haut-le-corps. C’est plutôt de la Barbapapa. Sucrée, sirupeuse et écœurante. Gavalda cache la banalité de sa plume derrière du rêve marketé, l’assimilant à des sensibles geignardises pour pucelles en mal d’amour et pour idiots en manque d’idéaux. Un torchon croulant sous le sucre reste un torchon.   

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Jui

Le dévot des laïques

Le mauvais livre de Nicolas SarkozyNotre époque porte incontestablement le sceau de l’exhibitionnisme, fardeau atavique transmis par une ancienne limitation des libertés. À la manière de quelques pubères qui font durer interminablement leur crise adolescente et qui invoquent l’inhibition antérieure de leurs émotions au moindre reproche, l’individu moderne se plaît à faire étalage de tout et de n’importe quoi, de l’important et du futile, du personnel et du public ; en somme, de ce qui est bon à savoir comme de ce qui ne l’est pas. Et cet exhibitionnisme est rentré dans les mœurs, ne vous en déplaise. En atteste la popularité des skyblogs, où la pudeur est plus honnie que la bonne orthographe – c’est dire. Ou encore, la personne même du président de la République française. Sarkozy, dans une impulsion intimiste, a estimé nécessaire de créer une complicité entre le peuple français et lui. D’où un déballage consciencieux de se vie privée et de ses amours. Mais ne ressassons point ce qui est parfaitement su, et revenons au très-in exhibitionnisme.

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