Lorsque l’on ne connaît pas Nice et que l’on ne se fie qu’au site Internet de la côte d’Azur, qui en parle comme d’une ville au patrimoine imposant, on serait tenté de croire que Oui, Nice ferait une bonne capitale de la culture. Malheureusement, la réalité s’avère toute autre, pour peu que l’on y ait séjourné plus d’une quinzaine de jours : Nice est aussi apte à symboliser la culture que la tecktonik l’esprit critique. Il est évidemment impossible de nier que la ville compte en son sein quelques musées et oeuvres d’art contemporain (comme l’hideuse sculpture industrielle d’un jaune criard de l’arrière-pays de Nice ; illustration à venir), mais il est hypocrite, voire rigoureusement mensonger, de pousser l’hyperbole jusqu’à affirmer qu’elle en regorge.
Car, quand on évoque Nice, l’on est à mille lieues d’y associer culture, musées ou sculputure, aussi laide soit-elle ; l’on pense plutôt à la plage (et à ses foutus galets), aux riches pédants, au soleil tapageur, aux dragueurs tout aussi tapageurs, à la vie de nuit et son lot de petits cons, et aux déguisements urbains fashion victims. Les fashion victims sont les seules victimes fières de l’être. Ce tableau a ce petit quelque chose de grotesque mais de tellement pathétique, qui attire inévitablement la compassion (on imagine la vieille tête de turc du lycée, l’objet de tous les supplices, sortir de la douche des garçons en boitillant, un tube de vaseline fièrement mis en évidence).
Comment peut-on nommer capitale de la culture européenne une ville dont les habitants s’enorgueillissent d’être les précurseurs des meilleures modes en France, modes importées directement d’Italie ? Comment peut-on qualifier de culturelle la cité où la superficialité est à son apogée ?
En effet, la jeunesse niçoise fait partie de ces populations suffisamment optimistes pour s’imaginer qu’un soin vestimentaire sortant de l’ordinaire (et dérivant vaniteusement dans le ridicule) peut faire excuser un manque absolu d’idées. Sans vouloir généraliser (puisque généraliser, c’est être intolérant, et l’intolérance c’est caca-boudin et en plus, ça tue le dialogue, et que tuer le dialogue, c’est caca-boudin bis), la fatuité est un leitmotiv collectif, et le stéréotype un idéal à atteindre.