Label « banlieue vilaine »
93. Nid du rap. Du mauvais rap. Poulailler abritant d’imbuvables coqs aux becs enfarinés quand il s’agit de la qualité de leurs œufs ; œufs avariés qu’ils exposent sans honte au marché. Il n’est pas seulement question des insultes-sur-pattes à la langue française, comme le groupe oublié Tragédie, car ce n’est pas bien de parler des morts ou encore comme la dénommée Zaho avec son merveilleux « c’est chelou » puisque d’une part, elle est Québécoise et qu’il serait ennuyeux de parler de fades bûcheronnes, et que d’autre part, il serait trop facile de décrire une « artiste » au refrain aussi recherché que « tu diras à cette tasspé que je vais la taper » uniquement pour remplir une colonne déjà bourrée d’adverbes.
Il s’agit surtout de dénoncer l’imposture outrancière que représentent des poètes autoproclamés aux rimes pauvres (si tant est qu’il y ait des rimes) et aux chansons poussives qui, par je ne sais quel vice cérébral, sont encensés par un public émerveillé par des paroles-trop-profondes-tu-vois. Abd Al Malik, par exemple. Congolais, musulman et bisounours. Grand bien lui fasse. Il pioche abondamment dans le stéréotype fadasse, dans le politiquement correct et dans la tolérance dégoulinante. Mais ce n’est certainement pas suffisant pour faire une bonne chanson. Tout au plus un vil ersatz de mélodie musicalement pathétique et fondamentalement consensuel.




