PAPElardise présidentielle
papelardise [paplaʀdiz]
papelardise [paplaʀdiz]
En dépit de la propagande actuelle qui prétend que l’objectivité est une qualité essentielle de l’homme, la neutralité n’est pas. Seule l’indifférence existe. Mais à l’heure où l’humanité prône l’aseptisation plénière, pareil aveu relève de l’opprobre et de l’infamie. Les gens portent des masques, mentent, feignent. Il est tellement plus aisé de changer de visage au fil des contextes que d’assumer ses positions, tellement plus confortable… et si honteusement pleutre. Reconnaître sa subjectivité systématique découle d’une lucidité sur soi, et conduit donc à admettre la nécessite ponctuelle d’un effort de non engagement quand le contexte s’y prête. L’enjeu du « je » intelligent est de reconnaître ses erreurs antérieures si la réflexion a imposé un revirement, et de rester cohérent si la conviction est inchangée. Dans le milieu des médias, certains essaient de ne pas assumer leurs penchants et préfèrent jouer la girouette hypocrite. Et se ridiculisent lamentablement.
Notre époque porte incontestablement le sceau de l’exhibitionnisme, fardeau atavique transmis par une ancienne limitation des libertés. À la manière de quelques pubères qui font durer interminablement leur crise adolescente et qui invoquent l’inhibition antérieure de leurs émotions au moindre reproche, l’individu moderne se plaît à faire étalage de tout et de n’importe quoi, de l’important et du futile, du personnel et du public ; en somme, de ce qui est bon à savoir comme de ce qui ne l’est pas. Et cet exhibitionnisme est rentré dans les mœurs, ne vous en déplaise. En atteste la popularité des skyblogs, où la pudeur est plus honnie que la bonne orthographe – c’est dire. Ou encore, la personne même du président de la République française. Sarkozy, dans une impulsion intimiste, a estimé nécessaire de créer une complicité entre le peuple français et lui. D’où un déballage consciencieux de se vie privée et de ses amours. Mais ne ressassons point ce qui est parfaitement su, et revenons au très-in exhibitionnisme.