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L’anticonformisme a la cote

 

Tout le monde accable la société de consommation. Elle a, dit-on, instauré la loi du paraître et continue, la vilaine, d’imposer des canons de beauté inaccessibles. Elle a plongé des générations dans la dépression et le malheur en pervertissant jusqu’à la moelle de nobles valeurs désormais vétustes. Anorexie, dépression… Des tares propres  à notre ère. Sans conteste, nous tenons là la tête de turc de la société. La société de consommation est le bouc émissaire. Il ne s’agit pas pour l’individu de remettre en question ses propres facultés d’analyse, son approche du monde mais plutôt d’incomber à une entité inconnue tous les malheurs du monde. La société de consommation est  le coupable idéal, pour donner à ses frustrations un exutoire. Les tentacules de la société de consommation sont tellement nombreux que la société de consommation est indivisible. Et critiquer la généralité, sans risque de confrontation directe, c’est encore ce que l’individu sait faire de mieux.

Fuck  authority, fuck beauty, fuck consommation, fuck money. Yeah !

Inégalités sur Facebook

Les statuts sur Facebook s’appliquent visiblement à tout le monde. Des libéraux aux relations compliqués, en passant par les traditionnels célibataires, tout le monde peut afficher l’état de sa vie sentimentale et le nom des (mal)heureux concernés.

Les administrateurs ont pensé à tout, même à ceux qui préfèrent éviter de se prononcer. Facebook, c’est magique.

Label « banlieue vilaine »

93. Nid du rap. Du mauvais rap. Poulailler abritant d’imbuvables coqs aux becs enfarinés quand il s’agit de la qualité de leurs œufs ; œufs avariés qu’ils exposent sans honte au marché. Il n’est pas seulement question des insultes-sur-pattes à la langue française, comme le groupe oublié Tragédie, car ce n’est pas bien de parler des morts ou encore comme la dénommée Zaho avec son merveilleux « c’est chelou » puisque d’une part, elle est Québécoise et qu’il serait ennuyeux de parler de fades bûcheronnes, et que d’autre part, il serait trop facile de décrire une « artiste » au refrain aussi recherché que « tu diras à cette tasspé que je vais la taper » uniquement pour remplir une colonne déjà bourrée d’adverbes.

Il s’agit surtout de dénoncer l’imposture outrancière que représentent des poètes autoproclamés aux rimes pauvres (si tant est qu’il y ait des rimes) et aux chansons poussives qui, par je ne sais quel vice cérébral, sont encensés par un public émerveillé par des paroles-trop-profondes-tu-vois. Abd Al Malik, par exemple. Congolais, musulman et bisounours. Grand bien lui fasse. Il pioche abondamment dans le stéréotype fadasse, dans le politiquement correct et dans la tolérance dégoulinante. Mais ce n’est certainement pas suffisant pour faire une bonne chanson. Tout au plus un vil ersatz de mélodie musicalement pathétique et fondamentalement consensuel.